Lomé confirme son positionnement stratégique dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) en Afrique. La 2ᵉ édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers a démarré lundi Lomé dans ce sens. Ce programme organisé par l’Association Togolaise des Compliance Officers (ATCO) confirme l’ambition du Togo de devenir un pôle régional de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Plus de 600 professionnels de la conformité, de la gestion des risques et de la finance, issus de 42 pays, se sont réunis pour deux jours d’échanges de haut niveau. Organisée par l’Association Togolaise des Compliance Officers (ATCO), cette rencontre témoigne de la volonté politique et économique du Togo de jouer un rôle moteur dans la sécurisation des flux financiers à l’échelle régionale.
Présidée par le ministre togolais de l’Économie et des Finances, Georges Barcola, l’ouverture officielle a mis en lumière l’engagement du gouvernement. « Cette rencontre est la preuve d’une volonté politique claire, incarnée par le Président Faure Gnassingbé, de faire de Lomé un centre névralgique de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme sur le continent », a-t-il affirmé.
Derrière les discours, c’est toute la stabilité économique et financière de la région qui est en jeu. Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme affaiblissent les économies, détournent les ressources, découragent les investissements et compromettent la transparence financière. En renforçant ses dispositifs de conformité, le Togo veut non seulement se prémunir contre ces menaces, mais aussi améliorer son attractivité économique et financière.
Cette volonté se traduit déjà dans les faits : depuis plus de dix ans, Lomé a mis en place un dispositif de LBC/FT fondé sur une coopération étroite entre l’État, les institutions financières et les acteurs privés. Aujourd’hui, l’enjeu est de le moderniser et de le rendre encore plus efficace à l’approche du prochain cycle d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) prévu pour 2030.
Cette édition aborde des sujets au croisement de la conformité, du numérique et de la géopolitique financière : détection des signaux faibles, défis des crypto-actifs, exigences réglementaires en contexte digital, ou encore coopération internationale face à la liste grise du GAFI. Autant de thématiques cruciales pour les États africains, souvent confrontés à des systèmes bancaires fragiles et à une pression croissante des marchés.
« L’année dernière, c’était le principe ; cette année, c’est la confirmation ; l’année prochaine, ce sera la consécration », a résumé Me Nikada Batchoudi, président du comité d’organisation. Pour lui, Lomé est en passe de devenir la capitale africaine de la conformité financière.
Vers une gouvernance régionale renforcée depuis Lomé
Les travaux de cette rencontre devraient aboutir à une déclaration finale qui posera les bases d’un renforcement de la gouvernance régionale face aux menaces financières. L’approche prônée est celle d’une mutualisation des efforts : renforcement des partenariats public-privé, partage d’informations entre acteurs économiques et institutionnels, et harmonisation des standards de conformité.
ATCO, fer de lance de cette dynamique, agit activement pour la mise en œuvre des recommandations du GAFI et du GIABA. L’ambition est de bâtir un système financier africain plus résilient, plus intègre et plus compétitif.
Pour le Togo, ce positionnement offre une double opportunité : protéger son économie contre les risques criminels transnationaux et valoriser son rôle de carrefour économique régional.
Dans un contexte où la transparence et la sécurité financière deviennent des critères clés pour les investisseurs et les partenaires internationaux, Lomé entend tirer parti de cette dynamique pour renforcer sa crédibilité sur la scène économique africaine.