Le débat sur la qualité des aliments destinés aux nourrissons refait surface. Un rapport publié le 18 novembre par l’ONG suisse Public Eye ravive les inquiétudes autour des céréales pour bébés vendues par Nestlé sur plusieurs marchés africains. L’étude accuse la multinationale d’y proposer des produits plus sucrés que ceux commercialisés en Europe. La question d’une politique nutritionnelle “à deux vitesses” est de nouveau posée.
Public Eye, soutenue par plusieurs organisations africaines, affirme avoir analysé près de cent références Cerelac. Les échantillons prélevés révéleraient des teneurs élevées en sucres ajoutés dans la quasi-totalité des produits destinés au continent. Une portion moyenne atteindrait environ six grammes. Les ONG y voient un risque pour la santé infantile, dans une région déjà touchée par la hausse du diabète et de l’obésité infantile.
Face à ces accusations, Nestlé nie toute discrimination. Le groupe assure respecter les normes du Codex Alimentarius et rappelle que certains sucres proviennent naturellement des ingrédients. Il dénonce un rapport “trompeur”.
La pression au tour de Nestlé
La pression, elle, s’intensifie. Une coalition de 19 organisations issues de 13 pays africains a adressé une lettre ouverte à Nestlé. Toutes demandent l’arrêt immédiat des sucres ajoutés dans l’alimentation infantile et dénoncent une pratique jugée injuste pour les familles africaines.
Ce rapport relance un débat déjà ouvert en 2024, lorsque Public Eye avait dénoncé des pratiques similaires en Inde. Nestlé souligne aujourd’hui travailler à élargir ses recettes sans sucres ajoutés, déjà disponibles selon l’entreprise dans 97 % de ses marchés. L’objectif est d’atteindre 100 % d’ici fin 2025.
Mais pour les ONG, l’enjeu reste le même : garantir aux bébés africains la même qualité nutritionnelle que partout ailleurs.