Le gouvernement togolais renforce son contrôle sur la gestion des collectivités territoriales. À compter de ce vendredi 9 janvier 2026, tout recrutements de personnel dans les communes est suspendu jusqu’à nouvel ordre, sur décision du ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, le colonel Hodabalo Awaté.
La mesure a été notifiée aux maires à travers une note circulaire mettant fin aux autorisations de recrutement jusque-là accordées aux exécutifs municipaux. L’objectif affiché est clair : reprendre la maîtrise des ressources humaines au niveau communal et disposer d’une cartographie fiable du personnel employé par les collectivités.
Selon le ministère, cette suspension permettra d’établir une base de données complète et actualisée des agents communaux, qu’ils soient permanents ou contractuels. Il s’agit notamment de connaître les effectifs réels, les qualifications, les fonctions exercées et les conditions d’engagement dans chaque mairie, afin d’éviter les recrutements anarchiques et les charges budgétaires incontrôlées.
Dans ce cadre, les maires disposent d’un délai fixé au 16 janvier 2026 pour transmettre un rapport détaillé du personnel actuellement en service, rémunéré sur le budget communal. Ce document devra préciser, pour chaque agent, les noms et prénoms, la date d’engagement, le statut, le niveau de qualification ainsi que la fonction occupée au sein de l’administration municipale.
Mise en garde contre les recrutements
Le ministre est catégorique : tout recrutement effectué en violation de cette directive sera considéré comme nul et sans effet. Une mise en garde qui traduit la volonté des autorités de mettre fin aux pratiques jugées opaques dans certaines communes.
Cette décision intervient dans un contexte de poursuite de la réforme de la décentralisation, alors que plusieurs communes s’installent progressivement avec de nouvelles équipes dirigeantes. Le ministère a d’ailleurs récemment donné des instructions aux préfets pour organiser les cérémonies de passation de charges entre les anciens et les nouveaux maires, signe d’une nouvelle phase de gouvernance locale.
Parallèlement, le processus d’élection des maires et de leurs adjoints se poursuit sur l’ensemble du territoire. Dans la commune Golfe 5, le scrutin tenu ce jour a conduit à la réélection de Kossi Aboka, candidat de l’Union pour la République (UNIR), à la tête de la municipalité.
À travers la suspension des recrutements, l’exécutif entend ainsi poser les bases d’une administration communale plus rationnelle, alignée sur les principes de transparence, d’efficacité et de discipline budgétaire, au cœur de la politique de décentralisation engagée au Togo.