À Vogan, une opération de contrôle menée à la suite de plaintes de consommateurs vient de relancer cette question. L’inspection de deux station-services a révélé une situation préoccupante dans l’une d’elles, où des pompes distribuaient des volumes inférieurs à ceux facturés aux clients.
Le carburant représente une dépense importante pour de nombreux Togolais, notamment pour les automobilistes, les conducteurs de taxi-motos et les professionnels qui dépendent quotidiennement de leur véhicule pour travailler. Mais lorsque la quantité réellement servie ne correspond pas au volume payé, c’est directement le pouvoir d’achat du consommateur qui est affecté.
C’est justement à la suite de plaintes récurrentes faisant état de soupçons de vols sur les quantités de carburant que l’Association togolaise des consommateurs (ATC) et l’Agence togolaise de métrologie (ATOMET) ont décidé de passer à l’action dans la préfecture de Vo.
Une descente surprise dans deux station-services
Le lundi 10 août, les équipes des deux structures ont effectué une visite d’inspection inopinée dans la ville de Vogan. Deux stations-service ont été contrôlées : Total et April.
L’objectif est simple : vérifier si les quantités affichées sur les pompes correspondaient réellement aux volumes de carburant délivrés aux clients.
Les résultats des contrôles ont cependant révélé deux situations différentes. À la station Total, les vérifications techniques n’ont pas permis de constater d’irrégularités. Selon les responsables de la mission, les équipements contrôlés étaient conformes et les volumes délivrés respectaient les marges réglementaires.
Le constat a été tout autre dans l’autre station contrôlée. À la station April, les contrôles métrologiques ont confirmé les soupçons exprimés par certains consommateurs. Des anomalies ont été constatées sur certaines pompes, qui distribuaient des quantités de carburant insuffisantes par rapport aux volumes payés.
Autrement dit, un client pouvait payer pour une certaine quantité de carburant sans nécessairement recevoir l’intégralité du volume correspondant.
Face à cette situation, l’ATOMET a immédiatement pris des mesures. Les pompes incriminées ont été mises sous scellés et une pénalité financière a été infligée à l’établissement concerné. La remise en service des équipements dépendra notamment du paiement de la sanction et de la mise en conformité des pompes. Celles-ci devront être réparées et faire l’objet d’une vérification avant de pouvoir reprendre leur activité.
Cette affaire pose une question qui dépasse largement le cas d’une seule station-service : comment les consommateurs peuvent-ils savoir si la quantité de carburant qu’ils achètent correspond réellement à celle qu’ils ont payée ?
Pour l’ATC, la vigilance des citoyens reste essentielle. L’association invite ainsi les consommateurs à signaler tout comportement ou dysfonctionnement suspect constaté dans une station-service. Ces signalements peuvent permettre aux structures compétentes d’organiser de nouveaux contrôles et, si nécessaire, de sanctionner les établissements qui ne respectent pas les normes.
L’opération menée à Vogan rappelle ainsi que les consommateurs ont également un rôle à jouer dans la lutte contre les pratiques commerciales frauduleuses. Une anomalie à la pompe peut sembler minime pour un seul achat, mais répétée sur des centaines ou des milliers de clients, elle peut représenter des pertes importantes pour les usagers.
Au-delà de la sanction infligée à la station concernée, cette intervention de l’ATC et de l’ATOMET envoie donc un message clair : les quantités de carburant servies aux consommateurs peuvent être contrôlées, et les établissements qui ne respectent pas les normes s’exposent à des sanctions.
Pour les automobilistes et motocyclistes, l’affaire de Vogan est surtout un rappel à la vigilance : à la pompe aussi, chaque litre payé doit compter.
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