Le Mali retourne sur le marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le 28 juillet, le gouvernement a lancé une nouvelle émission obligataire d’un montant cible de 100 milliards de FCFA. L’opération se clôturera le 8 août.
L’émission se décline en deux tranches. La première, d’un montant de 70 milliards, s’étale sur sept ans avec un taux d’intérêt fixé à 6,55 %. La seconde, d’une valeur de 30 milliards, couvre une durée de cinq ans au taux de 6,35 %. Elle est structurée par la Société de gestion et d’intermédiation du Mali (SGI-Mali).
Les fonds mobilisés serviront principalement à financer des projets d’infrastructures inscrits dans le budget 2025, indique le gouvernement. Il s’agit notamment de projets routiers et énergétiques jugés prioritaires pour soutenir la relance économique du pays.
Une dette publique sous pression
Cependant, cette stratégie d’endettement inquiète certains observateurs. Moussa Mara, ancien Premier ministre, rappelle que 75 % des 38,5 milliards de FCFA levés en juillet devront être remboursés dès 2026. « Nous risquons une spirale de dette si la dynamique actuelle se poursuit », a-t-il alerté.
Avec une dette publique estimée à plus de 6 800 milliards de FCFA, la question de la soutenabilité budgétaire reste centrale. Malgré ces inquiétudes, Bamako mise sur le marché régional pour diversifier ses sources de financement et maintenir la réalisation de ses projets de développement.