Au Burkina Faso, les autorités ont décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre l’exportation de la tomate fraîche sur l’ensemble du territoire. Une mesure prise sous l’impulsion du président Ibrahim Traoré, avec pour objectif principal de garantir l’approvisionnement des unités locales de transformation.
La décision a été officialisée à travers un communiqué conjoint des ministres en charge du commerce et de l’agriculture. Dans la foulée, la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) pour la tomate fraîche est également suspendue. Les opérateurs disposant d’autorisations encore valides sont invités à se rapprocher de la Direction générale du commerce afin d’engager leur annulation.
Avec cette mesure, le Burkina Faso entend prioriser la transformation locale de sa production. Il s’agit d’assurer une disponibilité suffisante de matière première pour faire tourner les usines en pleine expansion dans le pays. Les autorités préviennent d’ailleurs que toute violation de cette décision exposera les contrevenants à des sanctions, conformément à la réglementation en vigueur.
Le gouvernement se veut toutefois rassurant envers les producteurs. Il garantit que les récoltes en cours trouveront preneurs, malgré la fermeture temporaire des débouchés à l’exportation.
À travers cette stratégie, le pays ambitionne de réduire sa dépendance aux importations de purée de tomate et d’atteindre, à terme, une forme d’autosuffisance. Paradoxalement, malgré une production annuelle estimée à plus de 300 000 tonnes, le Burkina Faso reste importateur. Selon des données de la FAO, plus de 23 000 tonnes de purée de tomate ont été importées en 2022, pour une valeur dépassant 8 millions de dollars.
La transformation locale apparaît donc comme un levier clé d’industrialisation. Une orientation déjà assumée par Ibrahim Traoré, qui voit dans ces initiatives une étape importante vers le développement économique du pays.
La filière tomate occupe une place stratégique dans l’économie burkinabè. Elle représente environ 16,5 % de la production agricole et plus de 10 % du secteur primaire.
Chaque année, elle génère près de 400 000 emplois et environ 50 milliards de francs CFA de revenus. Jusqu’ici, près de la moitié de la production était exportée, notamment vers le Ghana.