L’Afrique pourrait ajouter jusqu’à 1500 milliards de dollars à son PIB d’ici 2030 grâce à l’intelligence artificielle (IA). C’est ce qu’a affirmé Olumide Balogun, directeur de Google pour l’Afrique de l’Ouest, lors d’un sommet économique à Abuja en octobre 2024. Mais trois obstacles majeurs freinent le continent.
1er défi, Infrastructures numériques insuffisantes
En 2024, seulement 38 % des Africains ont accès à Internet, contre 68 % au niveau mondial (UIT). Le manque d’investissements dans la fibre optique, les câbles sous-marins et les centres de données limite fortement les capacités de calcul et de connectivité nécessaires à l’IA.
L’Égypte est une exception. Le pays est connecté à plus de 15 câbles sous-marins et affiche un taux de 90 % de pénétration Internet. À l’inverse, de nombreux États n’ont pas de points d’échange Internet (IXP) efficaces : seuls 3 pays africains localisent 80 % de leur trafic Internet, objectif fixé pour 2020.
Deuxièmement, le Manque de données numériques
Sans données, pas d’intelligence artificielle. Or, la numérisation reste faible sur le continent. Selon l’indice 2024 de développement du gouvernement électronique, seulement 2 pays africains affichent un score très élevé : l’Afrique du Sud et l’île Maurice. 17 pays ont un score élevé, mais 35 restent sous la moyenne mondiale.
Le trafic de données mobiles progresse lentement : +21 % entre 2024 et 2028 selon Ericsson, contre +110 % en moyenne dans le monde. Résultat : peu de données à exploiter pour entraîner les modèles d’IA.
La Pénurie de compétences technologiques refreine l’Intelligence Artificielle
La plupart des pays africains affichent des scores faibles en compétences numériques. Peu de développeurs, peu de diplômés en technologie. Pourtant, des pôles émergent : le Nigeria, le Kenya, le Ghana, l’Afrique du Sud, ou encore l’Égypte forment de plus en plus de talents, avec l’aide d’acteurs privés comme Google, Microsoft ou Huawei.
L’Afrique est en retard, mais pas condamnée. En investissant dans les infrastructures, en produisant plus de données locales et en formant ses jeunes, elle peut devenir acteur de l’IA. Des pays comme l’Égypte, le Nigeria ou le Kenya montrent déjà la voie.