Le Togo renforce son rôle de hub stratégique en Afrique de l’Ouest. Face aux difficultés entre le Niger et le Bénin, Lomé a accepté de servir de point de transit pour les 20 000 tonnes d’engrais offertes par la Russie à Niamey.
La décision fait suite à une rencontre entre Kokou Edem Tengue, ministre togolais chargé de l’Économie maritime, et Mahaman Elhadj Ousmane, ministre nigérien de l’Agriculture. À l’issue des échanges, le Port de Lomé a été mis à disposition pour faciliter l’acheminement de la cargaison vers le Niger.
Ce choix s’inscrit dans une dynamique déjà visible. Le Togo affiche depuis plusieurs mois une proximité assumée avec les pays de l’Alliance des États du Sahel. L’organisation, qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso, considère d’ailleurs Lomé comme un « pays ami ».
Le Togo pour une coopération stratégique
Dans un contexte de relations tendues entre Cotonou et Niamey, Lomé consolide ainsi son positionnement d’alternative logistique. Le pays avait déjà accepté de collaborer à une stratégie de contournement via le Burkina Faso pour les camions en direction du Niger. Il a également suspendu la redevance statistique sur les marchandises arrivant par voie maritime et déclarées en transit vers les États de l’AES.
La mise à disposition du port pour les engrais russes confirme cette orientation. Le Togo approfondit ses relations avec Niamey et réaffirme sa disponibilité à accompagner les pays sahéliens.
Au-delà du commerce, l’enjeu est aussi politique. Lomé ne cache plus son intérêt pour l’AES et n’exclut pas une éventuelle adhésion à cette alliance, née après le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.